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London for free starts with a B

free barbican

Le Barbican, plus grand centre d’arts du spectacle d’Europe, est situé au Nord de Londres (vous pouvez pas le louper, l’arrêt de métro s’appelle “Barbican”). Non content d’offrir un immense variété de spéctacles : cinéma, théâtre, opéra, danse, concert et j’en passe, il propose aussi aux 16-25 ans de devenir membres afin d’avoir accès gratuitement à une partie des spectacles à l’affiche.

Le tout enveloppé d’extrême simplicité : formulaire d’inscription en ligne 5 minutes chrono, aucun numéro de carte de crédit, aucune avance d’argent et remboursement compliqué. Non, c’est gratuit et c’est tout !

Et en plus, l’offre tient grave la route :

Au moment où j’écris, il y en a une vingtaine de disponible entre mi-janvier et mi-mars, mélangeant tous les genres. Il faut évidemment planifier sa sortie suffisamment à l’avance car les places gratuites partent vite.

Ne me remerciez pas, non vraiment !

Enjoy

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La carte des possibles

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J’aime les cartes autant que les aéroports.

Les cartes sont des ouvertures. Issues du plus grand fonctionnalisme imaginable par l’esprit humain, complexes ramifications hyper-normées, elles me fascinent à bien des égards : elles enjambent allègrement les barrières culturelles et linguistiques, elles parlent à tout le monde sans ne rien dire à personne, elles créent des lieux tout autant qu’elles les représentent.

Au-delà de considérations géo-politiques qu’on a tous en tête (car après tout, si, comme le dit si justement Pennac “Ecrire l‘Histoire, cest foutre la pagaille dans la Géographie”, n’oublions pas que sans la cartographie l’Histoire n’aurait jamais eu lieu telle que nous la connaissons), ces cartes conditionnent nos vies, planifient d’avance nos planifications futures et sont bien trop souvent des empêcheurs d’errer librement — Il ne tient pourtant qu’à nous de se perdre volontairement, d’oublier un instant cartes et plans.

J’aime les cartes disais-je, pelotes de fils multicolores emmêlés, car elles me font l’effet d’une piscine dans laquelle je m’apprête à plonger. L’appréhension ne résiste pas longtemps face à la curiosité.

Il y a trois mois cette carte n’était pour moi qu’un des emblèmes de Londres, avec les bus rouges et les cabines téléphoniques, avec Big Ben et le fish’n'chips.

Il y a quelques jours et pendant douze heures elle a été une folle toupie désaxée tournant autour d’une punaise fichée sur bethnal green. Punaise enlevée — tout à recommencer.

Y plonger ou rester sur le bord, toutes les portes sont encore ouvertes. Mais, grande première, une nouvelle appréhension accompagne cette ouverture qui semble mieux résister à la curiosité. Plonger c’est aussi simple que se perdre : c’est un non-choix, c’est choisir de choisir plus tard. C’est le confort de l’insouciance, la liberté de découvrir un lieu sans dépendre des normes fixés par ces lignes silencieuses mais en s’en servant pour avancer. Mais aujourd’hui et d’ici 10 jours il va falloir choisir, arrêter de se laisser porter par l’élan du plongeon et se mettre à nager. Il va falloir accepter, au final, qu’on dépend tous un peu de ces normes et que la vie ressemble parfois beaucoup trop à ces lignes : emmêlées, compliqués, insaisissables, with partial closures on saturday, et puis vibrantes de couleurs quand même. Car c’est Londres, après tout.

Les portes sont ouvertes donc et le temps risque de me manquer pour refermer les bonnes.

Starbucks 1 – Cadbury 0

On est tous assez d’accord pour ne pas aimer Starbucks. C’est comme McDonald’s ou Subway… on éprouve difficilement de la sympathie à l’évocation de ces fleurons de l’alimentation standardisée.

Pourtant, je n’ai pas grand chose à redire sur la “communication RSE” (SCR, pour Corporate Social Responsibility, outre-manche) de Starbucks à propos de son affiliation au programme (RED).

C’est propre, c’est graphiquement bien fait – moi j’aime inconditionnellement le ME qui devient WE à mesure que le point d’interrogation interroge. Mais c’est mon côté innocent. En bref, c’est agréable à regarder. “Ouais, comme Cadbury, quoi !” se dit mon lecteur idéal.

C’est fédérateur aussi : on s’adresse à notre jugement, à notre intention. Pas seulement à nos envies de consommateur. En fait, présenté comme ça, l’achat éthique n’est pas seulement bien (comme il l’était pour les petites fêves de cacao guillerettes d’hier) il est utile.

Pour qu’une telle démarche soit complète cependant, au plan de la communication s’entend, il ne faudra pas s’en tenir là : j’attends des chiffres, des bilans, des témoignages. Si je choisis Starbucks plutôt que le coffee shop d’en face parce que je veux soutenir les (produits)RED alors je veux savoir si l’investissement (en intention, en argent, en temps) a été sinon rentable au moins justifié.

En attendant, je continuerai à aller au coffee shop d’en face qui lui fait du vrai café Illy et pas ces trucs à base de café dilué et de lait sucré…

Cadbury, entre Neo-colonialisme et Fair-trade

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Affiche Cadbury pour son nouveau chocolat fair trade

On pourrait traduire l’accroche par :

Vas-y, montre moi ta fève de Cacao…

Mais j’imagine que vous n’aviez pas besoin de ça pour noter la petite ambiance indolente et sexuellement connotée qui émane de la bande-son symbolique accompagnant la nouvelle campagne Cadbury pour leur chocolat fair trade.

Voilà donc l’idée c’est que le Fair-Trade c’est bien, que ça aide les producteurs à se développer, que ça permet au consommateur occidental de moins culpabiliser quand il achète – il fait une BA.

Le souci à mon sens c’est qu’on convoque ici le stéréotype d’Africanité : On prend des petits bonshommes tout ronds, même pas des hommes, tout juste des fèves de cacao humanisés. On les affuble d’instruments primitifs et on les fait danser sur un rythme destressé.

Voilà, à ce moment là le Londonnien distrait les envie. Il se dit quand même, c’est bien les pays comme ça, ils ont le soleil et tout.

En fait, on montre au consommateur exactement l’image naïve qu’il se fait dans sa tête quand il achète sa tablette de Cadbury Fair-Trade (en se disant, “c’est peut être pas light mais au moins c’est bien“) : le producteur est heureux, dans sa cabane dans la forêt amazonienne. Oui, le Londonnien distrait, n’en a vraiment rien à faire que l’Amazonie ça soit pas le Ghanna – il a pris deux kilos le mois dernier.

Je suis pas en train de me lancer dans le débat Nord-Sud… J’ai juste peur de la publicité en ce qu’elle a de confortable, de flatteur. Les petits dessins naïfs à la gouache, chauds et lumineux dans l’hiver nocture Londonien sont très agréables à voir. Ils réconfortent autant que l’idée de se manger un p’tit carré de chocolat, une fois arrivé chez soi. Et inhibent de fait d’autant plus le sens critique :

Choisit-on FT un jour et Low Fat le lendemain ? Achète-t-on FT en se disant qu’on est un peu moins consommateur comme ça ? Comment une entreprise peut bien communiquer sur son engagement éthique, sans en faire un faire-valoir ? en d’autres termes : comment parler de son engagement éthique, de manière éthique ?

Chic, c’est le sujet de mon prochain essai !